Au Mas Mireille
L’accent Provençal retrouvé.

Une maison d’été redécouvre le goût perdu des traditions de sa région.
Histoire d’un miracle à l’américaine.

Par Marie-Claire Blanckaert / Photos Marianne Haas.

« Nous souhaitions une maison qui puisse devenir semblable à un petit hôtel », explique Cary et Dee, un couple venu des Etats-Unis, il y a cinq ans, après de nombreuses recherches dans les Alpilles, ils ont découvert le Mas Mireille, à Saint-Rémy de Provence. Au milieu de plusieurs hectares de bois et entourée par le domaine de Lagoy, la maison construite en 1802, avait été rachetée en 40 par une famille de notables avignonnais, qui avait décidé d’en faire sa résidence d’été.

L’extérieur retrouve son charme d’autrefois. Toute une équipe d’artisans locaux, sous la houlette de l’architecte Hugues Bosc, donne à la maison un style bien particulier.
« Nous voulions pouvoir recevoir nos hôtes dans une atmosphère romantique très XIXe siècle, où la notion du temps serait abolie », expliquent Cary et Dee. Si le mobilier déniché chez les brocanteurs de la région mais aussi en provenance des quatre coins du globe, est très éclectique, le choix des tissus est plus classique, plus sage. Pour rester dans la note, les cinq chambres portent chacune le nom d’un des personnages de l’opéra « Mireille » de Charles Gounod, qui venait dans la région visiter son ami Frédéric Mistral. Le parc, lui aussi, respecte la tradition XIXe avec de petits jardins cloisonnés et intimes, destinés aux adeptes de la rêverie solitaire.

L’été, des ruisseaux courent sous les racines des arbres centenaires et rafraîchissent le par et la bambouseraie. Un peu plus loin, un long canal de pierre court au milieu d’un très beau jardin de rose.
A mi-chemin entre la maison de famille et l’hôtel cinq étoiles, le Mas Mireille aussi l’originalité de marier la qualité de l’accueil provençale à la proverbiale hospitalité américaine…

 

Située en face d’une grange transformée en atelier d’artiste, la piscine, qui ressemble à un bassin d’esprit XIXe, est entourée d’un pelouse. De larges baies vitrées laissent deviner la roseraie séparés en deux par un canal en pierre.
Un choix virtuose d’étoffes.
Une des chambres décorée par Suzanne Anderson.
Les murs sont tendus d’un tissu (Pierre Frey) que l’on retrouve sur le cache-sommier et le baldaquin.
La chambre « Gounod » est comme il se doit, tapissé de note de musique. On remarquera la très belle armoire en ébène incrusté d’ivoire, d’origine indienne.
Dans le pigeonnier, petite salle de bains à l’ancienne avec baignoire et lavabo d’origine.
Toujours dans la chambre de musique, sur le lutrin, un livre de Charles Gounod paraphé de sa main. La peinture a été exécutée par Cary. Appliques de Dubreuil et table de Richard Adrian. A l’intérieur de la cheminée, boite à musique datant du XIXe siècle.
Quand on pénètre dans la propriété, le mas se découvre au bout d’un magnifique allée de platanes centenaires.
Thé sous la glycine, en compagnie de la petite chienne Lili.
C’est derrière la maison que se prend le petit déjeuner, non loin de la fontaine réalisée par Collet Of le Thor. Canapé et sièges en fer forgé (Ebène)
Au milieu de la roseraie passe un bassin de 25 mètres de long, au bout duquel se dresse une paire de colonnes venues d’un autre coin de la propriété.