Parenthèse estivale

Derrière les plis cotonneux d’un jardin d’un jardin réinventer et l’ocre sombre d’un badigeon, l’intérieure d’un mas s’offre une seconde jeunesse.

Reportage Anne-Maris Masclaux-Perron Photos Martial Maurette
Maisons et Décors 

Les hommes ont de tout temps adossé leurs fermes contre la barre grise des Alpilles, battue par la vague déferlante d’un puissant mistral, rempart minéral que prolongent des haies de cyprès sombres ou de canisses rustiquement assemblées. Quadrillés par ces rubans rigides, sillonnés de roubines où court une eau insoupçonnée, les champs composent un singulier tableau dans lequel l’habitat rural s’étire, sous la lumière musarde du soleil, martelant jusqu’à l’infini ces fuseaux vert interminable. C’est à peine si le halo ocre des toits dépasse le faîte des arbres. Discrétion, protection contre une prise au vent dévastatrice, le paysan d’hier savait la sécheresse d’un air saturé, le dard cinglant de courants d’air glacés ou brûlants, selon les saisons.

Ancienne exploitation maraîchère, la propriété avait été restaurée fidèlement par Hugues Bosc. En son temps, nous vous avions fait découvrir sa façade rouge, aiguisée par le bleu charrette des volets de bois , contraste faisant se refléter un azur vide de tout nuage. La bâtisse, restaurée, avait conservé la silhouette de l’ancien mas, calquée sur la puissante entreprise d’un environnement linéaire. A l’intérieur, l’architecte saint-rémois avait respecté une distribution balancée de part et d’autre d’un escalier droit en pierre. L’opaline crémeuse de la cuisine éclairait, comme si c’était hier, le plafond de poutres et de planches grossièrement blanchies, la vaste cheminée aux corbeaux de plâtre. Respecté, inventé, le décor architectural avait cette justesse puisée dans la terre…