La nature est là. Immense.

Ailes agrandies, étage surélevé ont acquis, au gré des terrasses, treilles et murets, une formidable unité. Renforcée par une étude chromatique liant une façade riante à de spectaculaire champs de lavande.

Reportage Anne-Marie Masclaux-Perron
Photos Martial Maurette.

Par les volets entrebâillés, un rai de soleil effleure les bars, remontent sur les nœuds d’une chaise en bambou et s’accroche aux branches graciles de gauras en bouquets. Dans le petit salon, un recueil de poèmes abandonné. Et puis un éblouissement. La porte ouverte à grands fracas, des voix, des paniers chargés de légumes, de fruits. Toute la maisonnée revient du marché…
Qui reconnaîtrait dans ces larges espaces habités de lumière les petites pièces basses et fermées du mas d’hier ? Pour l’adapter aux volontés des propriétaires ( ce qui apparaissait comme une gageure) l’architecte Hugues Bosc, chargé de la restauration s’attela à un profond remaniement.
Ce furent la suppression des murs de refend porteurs, opération indispensable pour obtenir de grands volumes, la reconstruction et la surélévation des ailes latérales est et ouest, l’entière recomposition de la façade sud de l’étage, qui passa de trois à huit croisées et portes-fenêtres, régulièrement balancées. Hugues Bosc remplaça la porte d’entré et la souligna d’un encadrement de pierre.
Il corrigea aussi l’organisation intérieurs démolissant les plafonds du rez-de-chaussée avant de les surélever, créant de toute pièce la cage d’escalier qui se vit attribuer une ampleur en accord avec les nouveaux volumes. Secondés par de solides professionnels déjà cités auquel, s’ajoutèrent des entreprises de peinture, électricité, les propriétaires trouvèrent également une écoute attentive de Sophie Bosc qui les conseilla dans les choix de revêtements, les guida auprès des boutiques régionales.
Les aménagements extérieurs : Imaginez un terrain maraîcher qu’il fallut structurer par des terrasses, murets, treilles qui sert aujourd’hui un environnement architecturé et sublimé par le paysagiste Michel Sémini. Sans oublier l’homme qui fit du jardin ce qu’il est. Louis, le jardinier de cœur…

 

Un verger, l’entrée sur le mas éclaboussé par l’artifice régulièrement maîtrisé des lavandes en boules, des treilles fournies dont le cheminement conduit vers une piscine située en retrait de la bâtisse… Une intégration à la fois nette et légère qui, dans son traitement paysager comme dans sa décoration, créera une rupture discrète mais présente.
Un verger, l’entrée sur le mas éclaboussé par l’artifice régulièrement maîtrisé des lavandes en boules, des treilles fournies dont le cheminement conduit vers une piscine située en retrait de la bâtisse… Une intégration à la fois nette et légère qui, dans son traitement paysager comme dans sa décoration, créera une rupture discrète mais présente.
Le bassin rectangulaire (revêtement en enduit silico-marbreux au classicisme souligné par une ligne de flottaison en carreaux bicolores, une plage de piscine mêlant terres cuites brutes et roche d’Espeil avec, en perspective, les gobelet argentés des oliviers s’appuie sur un pool-house ouvert, au toit en terres cuites de récupérations soutenu par quatre piliers… Les branches d’un chamaerops le teinte d’exotisme avant que des tableaux encastrés dans le mur, à la manière des azulejos anciens (Alma Viva, Paris) éclairés par une applique (Vincent mis l’âne), un patchwork de carreaux de ciment très forts en couleurs, des suspensions marocaines ne nous transportent dans un monde plus tropical. Jusque dans une chaise de transatlantique ou un hamac, bougeant au moindre souffle…

Deux pigeons s’aimaient d’amour tendre… sur le ressaut d’un fontaine réalisée à partir de deux corbeaux de cheminée anciens mis en œuvre, patinés et complétés par l’entreprise de maçonnerie.
Le puits se trouvait éloigné du mas avant d’être déplacé au plus près de l’entrée. Couronnement des murets rehaussés par des bars anciens de Beaucaire.
Table et chaises La Galerie Décoration (Saint-Rémy).
A l’immensité planéiforme des lavandes répondent les longs fuseaux de soie vert sombre des cyprès, dressés dans un parc dont la rigueur colle au paysage serein de cultures maraîchères proches.
L’imposant platane semble étendre ses branches jusqu’à gagner les limites du mas.
L’ancien appentis s’est transformé en une sereine terrasse couverte à la voûte croisée, plâtrée ouverte sur un  » cloître  » parfumé de roses. Meuble de jardin, suspension indienne, cage ancienne.
Les portes-fenêtres du  » petit salon  » profitent du jardin de roses blanches entrevu dans l’aube claire d’un rideau en Cornely. La peinture des murs, comme celle de l’entrée, fut réalisé par Claude Parouty d’après une étude de couleurs signée Marion Pochy. Fauteuils paillés et duchesse brisée.
Coté est, la cuisine se divise en trois parties : cellier aux rengements fonctionnels et coin repas séparé de la zone préparation par un comptoir. Le bleu domine dans le quadrillé d’un tissu Pierre Frey et les suspensions plissées.
Murs teintés d’ocre rouge, poutraison traversante et tapis carreaux de ciment anciens… tout invite à la réflexion, même la simplicité d’un bureau à pieds galbés.
La chambre principale se veut plus féminine sous le parterre printanier d’un semis de fleurs (murs tendus tissu Souleiado, tapis Casa Lopez). Deux fauteuils Directoire (Bastien) encadrent une table en noyer Louis XV et des lunettes représentant des villas italiennes du XVIIe siècle.