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L'ordonnance classique du mas fut merveilleusement servie par une restauration qui se laisse à peine deviner et la recomposition d'amples volumes intérieurs, dédiés à l'art contemporain.
Reportage Anne-Marie Masciaux-Perron Photos Martial Maurette
La campagne rhodanienne passe par-dessus le Pont St-Bénezet pour se déverser, en collier de cyprès noirs, dans l'âpre chasse des Alpilles. Elle saute de mas en bastidons, se heurte aux barrières végétales qui les enveloppent, frôle les enduits fatigués où salpêtre et mousses peignent d'étranges figures.
C'est l'une de ces fermes que l'architecte Hugues Bosc rénova. Secondé par des artisants éprouvés (maçonnerie Panzolato, Eygalières, électricité plomberie S.P.E.P. Mollégès), il se tint au cahier des charges qu'il s'était défini : créer des ouvertures en supprimant, ou en remodelant, les percements carrés soutenus par des linteaux antérieures, apportées au milieu du siècle.
Supprimer les extensions parasites. Surélever en partie la toiture afin de prolonger l'espace habitable à tout un rez-de-chaussée gagné sur les garages, écuries et hangars. Pas de murs patinés mais une dominante blanche (poste peinture Lieffroy, St-Rémy), forte de son intemporalité, des plafond appareillés de poutres ou solives (plaquiste Simonelli, Mollégès), des menuiseries discrètement moulurées (Laplanche, St-Rémy). Le mas renoua avec l'équilibre.
Les options artistiques des maîtres de maison trouvèrent un écho dans le travail conduit par Alain Hidoux et Hugues Bosc (secondé par sa femme Sophie), l'intransigeante netteté de leurs choix, dégagés de toute mode.