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Coté Sud / Residences Décoration / Mon jardin ma maison / Elle Décoration / Maisons et décors / Votre maison votre jardin / Vogue living / La nature est là. Immense. Comme vierge de toute intervention. Tout l'art d'Alain Idoux fut de la respecter et de s'effacer devant une campagne magique, pure et intemporelle. Reportage Anne-Marie Masclaux-Perron Photos Martial Maurette Dans la propriété, avant qu'elle ne devienne résidence secondaire, se cultivaient blé, vigne, oliviers et amandiers. Il parut inenvisageable aux nouveaux acquéreurs de balayer un tel passé. N'avait-il pas marqué la bâtisse, imprimé son caractère aux murs et aux arbres alentour ? Aussi confièrent-ils l'aménagement extérieur au regretté paysagiste Alain Idoux. Adepte du Land Art, ce dernier ne chercha pas à isoler le jardin en devenir de son environnement, mais au contraire, à le relier par d'invisibles attaches, cheminement intellectuel entièrement partagé par ses commanditaires. Ce sont les lignes bleues des lavandes, fusant vers on ne sait quelle pierre incantatoire, relayée par la pointe échevelée d'un cyprès, avant de se perdre dans l'horizon. Ce sont les chênes verts courbés par le vent qu'il dégagera, effeuillera, afin de libérer leurs troncs et faire ressortir la puissance des éléments qui les ont sculptés. Ce sont les plantes choisies pour domestiquer les abords de la maison. Elles font partie du grand livre de la nature, ont de tout temps poussées dans les collines, été semées pour nourrir hommes et bétail. La rigueur du propos trouve son aboutissement dans l'interpénétration entre le paysage et le jardin, entre la frugalité d'une terre aride et les grands mouvements donnés par Alain Idoux ? La force de cette calligraphie végétale se prolongera dans le décor intérieur, volontairement dépouillé. Architecte et paysagiste travaillèrent en parfait accord. Hugues Bosc dégagea les bâtiments afin qu'Alain Idoux mette en exergue le tronc d'un pin valeureux et la fragilité des gauras. Cette partie du jardin, bâtie en restanques, sépare la grande pelouse de l'oliveraie. Odes et stances délicates sous la brise, alexandrins tumultueux dans le mistral, les tiges des fétuques frissonnent… L'ordonnance classique du mas fut merveilleusement servie par une restauration qui se laisse à peine deviner et la recomposition d'amples volumes intérieurs, dédiés à l'art contemporain. Reportage Anne-Marie Masciaux-Perron Photos Martial Maurette La campagne rhodanienne passe par-dessus le Pont St-Bénezet pour se déverser, en collier de cyprès noirs, dans l'âpre chasse des Alpilles. Elle saute de mas en bastidons, se heurte aux barrières végétales qui les enveloppent, frôle les enduits fatigués où salpêtre et mousses peignent d'étranges figures. C'est l'une de ces fermes que l'architecte Hugues Bosc rénova. Secondé par des artisants éprouvés (maçonnerie Panzolato, Eygalières, électricité plomberie S.P.E.P. Mollégès), il se tint au cahier des charges qu'il s'était défini : créer des ouvertures en supprimant, ou en remodelant, les percements carrés soutenus par des linteaux antérieures, apportées au milieu du siècle. Supprimer les extensions parasites. Surélever en partie la toiture afin de prolonger l'espace habitable à tout un rez-de-chaussée gagné sur les garages, écuries et hangars. Pas de murs patinés mais une dominante blanche (poste peinture Lieffroy, St-Rémy), forte de son intemporalité, des plafond appareillés de poutres ou solives (plaquiste Simonelli, Mollégès), des menuiseries discrètement moulurées (Laplanche, St-Rémy). Le mas renoua avec l'équilibre. |