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Coté Sud / Residences Décoration / Mon jardin ma maison / Elle Décoration / Maisons et décors / Votre maison votre jardin / Vogue living / 1999 > Elle Décoration N°92 Un jardin enfoui sous la végétation et une maison qui échappe, sous la direction du maître-décorateur Jacques Grange, aux poncifs du style provençal. Par Marie-Claire Blanckaert Photos Marianne Haas Il faut croire aux signes du destin. Terry et Jean de Gunzburg cherchaient depuis longtemps une maison en Provence lorsque, à l'occasion d'un week-end chez leur ami Jacques Grange, ils visitent un mas situé au beau milieu d'une vaste prairie, tel un bateau en pleine mer. La bâtisse leur plaît aussitôt. Par chance, elle est à vendre. " A partir de là, explique Terry, tout s'est enchaîné naturellement. " Cette maison de campagne, entre herbage et verger, est composé d'une dizaine de chambres : idéal pour abriter les sept enfants qu'ils ont à eux deux. Même si le mas est en bon état et plutôt joliment décoré, Terry et Jean décide de repenser à leur idée. D'abord, le jardin : cerné par des haies de platanes, il est confié à Michel Semini, dont Terry avait récemment découvert le talent. Elle lui demande de l'ouvrir sur la prairie pour créer une impression d'espace infini, sans trop de sophistication pour que les enfants prennent plaisir à venir y jouer. Avec lui, elle étudie les camaïeux de vert et de gris, avec des touches de mauve (glycine et lavande) et de violet (iris et agapanthes) qui cèdent la place aux lauriers roses, rouges et blancs et aux roses anciennes qui fleurissent tout l'été. L'attention du couple se porte ensuite vers l'intérieur. C'est Jacques Grange, l'ami de toujours, qui présidera aux travaux. Ensemble, ils imaginent une grande cuisine où l'on peut prendre ses repas l'hiver, avec des placards ouverts qui laissent deviner les collections de verres et d'assiettes colorées. Quand à la chambre des propriétaires, d'apparence confinée sous un plafond bas, le décorateur en fait une pièce plus vaste en laissant apparaître la charpente. Dans les pièces du haut, les Gunzburg jouent la couleur : la première, safran, évoque le Portugal, avec un lit XVIIIe en bois tourné ; la seconde, coloniale, avec ses murs crème, son paravent en bambou, sa malle XIXe en rotin et ses rideaux en organdi brodé ; la troisième, quand à elle évoque l'atmosphère d'anciennes fête foraines, avec ses meubles de Royère et sa collection de quilles. " " La seule audace qu'on peut me reprocher est d'avoir mélangé des objets et des meubles précieux à des choses sans valeur mais qui me plaisent ", explique Terry. Quand elle parle des couleurs, elle le fait d'une manière sensuelle, avec gourmandise, en utilisant les mots " blush ", " tons poudrés ". Pas si surprenant lorsqu'on sait qu'elle fut, pendant vingt ans, directrice des produits Carita, puis styliste de maquillage chez Yves Saint Laurent, pour finalement créer, il y a un an, son propre univers dans la galerie Vérot-Dodat, à Paris : un concept de maquillage de haute couture sous le nom de 'By Terry'. Cette année, Terry, Jean et leur tribu ont passé dans le mas provençal leur quatrième été avec nombre d'amis. Puis, la maison sera prêtée, au fil des saisons, aux " grands enfants " et à leurs amis. Une manière de la faire vivre à l'infini… M.-C.B. Pour laisser passer la lumière, le décorateur Jacques Grange a dessiné ces portes en moucharabieh. On devine dans la pièce du fond, une lithographie de Calder. Dans une des salles de bains, paire de lavabos des années 30 rehaussés de miroirs en plâtre 1940. Chevet et lampadaire de Vincent Corbière, dessin de Wendy Artin, gourde XIXe du Pays Basque. Murs en cocciopesto (galerie Farnese). Meuble en chêne et cuir de Royère, fauteuil en fer et cuir de Giacometti pour Jean-Michel Frank. Tapis de Georges Braque (galerie Valois). Détail de la cuisine avec ses carreaux portugais XIXe, son " piano " La Cornue et ses chaises Thonet. |